Alors qu’on pense facilement à l’accessibilité d’une boutique pour une personne en fauteuil roulant, on pense peu aux personnes porteuses de handicaps qui, elles aussi, ont besoin du web au quotidien. Parce que oui, figurez-vous qu’on peut parcourir le web quand on a une déficience visuelle ou lorsqu’on a un trouble du langage comme la dyslexie. Sans oublier que tout le monde n’a pas les mêmes conditions d’accès à internet : seniors, personnes vivant dans des zones rurales ou personnes en situation d’illectronisme.
C’est pourquoi aujourd’hui, on s’intéresse à l’accessibilité des sites web et on vous explique comment rendre votre site plus accessible et inclusif. Et si vous n’êtes pas convaincu, 3 chiffres qui, on en est sûrs, feront mouche :
- 71% des utilisateurs avec des besoins spécifiques quittent un site web qu’ils jugent difficile d’utilisation1
- A produit identique, 82% des utilisateurs sont prêts à payer plus cher en l’achetant sur un site plus accessible2
- 30% de votre audience potentielle est perdue lorsque votre site est inaccessible aux personnes atteintes d’un handicap3
Les causes du manque d’accessibilité du web aujourd’hui
1. Les handicaps
Parmi les handicaps qui causent des difficultés importantes dans l’usage d’internet, on retrouve surtout les troubles de la vision comme la cécité partielle ou totale, la vision floue ou la sensibilité à la lumière qui peuvent rendre difficile la lecture de l’écran ou l’interprétation des informations visuelles.
Approximativement 1,7 million de Français sont atteints d’un trouble de la vision4. Les personnes atteintes de trouble visuel utilisent des technologies d’assistances qui lisent le contenu à l’aide de voix de synthèse pour l’utilisateur. Concernant les troubles de l’ouïe, les personnes sourdes ou malentendantes pouvant avoir des difficultés à accéder au contenu multimédia qui nécessite du son, comme les vidéos ou les clips audio ou même pour utiliser la recherche vocale.
Enfin, les troubles cognitifs peuvent être responsables de difficultés comme la dyslexie, la dyspraxie, ou le trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) qui peuvent rendre la lecture et la compréhension du contenu en ligne plus difficiles.

2. L’illectronisme et les personnes âgées
En France, 15% des personnes de plus de 15 ans sont en situation d’illectronisme, éprouvant des difficultés avec les usages numériques de base5. Les seniors, en particulier, rencontrent des obstacles significatifs sur le web, souvent en raison de designs non intuitifs et de technologies peu adaptées à leurs besoins. Parmi les usages les moins maitrisés, on retrouve la protection de la vie privée, la résolution de problèmes en ligne ou l’utilisation de logiciels.
3. Disparités globales d’accès à internet
Le manque d’accès à l’électricité, les coûts élevés des équipements et des abonnements, ainsi que la couverture réseau insuffisante sont autant de freins qui excluent une grande partie de la population mondiale de l’univers numérique. Pour vous donner un ordre d’idée, c’est plus de 94% de la population Ouest–Européenne qui utilise internet, alors que c’est seulement 32M de l’Afrique centrale6. Ces disparités accentuent la fracture numérique entre les régions développées et les moins développées.
Et attention, ces chiffres ne font pas la différence entre les utilisateurs qui surfent pour s’informer, se divertir, faire des achats, et ceux qui ont accès épisodiquement. Ces chiffres n’incluent pas le niveau de maîtrise des outils.
Mais pourquoi il faut s’y intéresser quand on possède un site web ?
Même si, créer un site web accessible pour le bien de toute l’humanité, on sait que cela vous suffit comme raison, sachez que cela peut être bénéfice pour d’autres raisons
- Votre cible est peut-être concernée : Vous vendez des produits destinés spécifiquement aux seniors par exemple.
- La loi vous y oblige : la loi française oblige toutes les collectivités territoriales, établissements publics, les organisations légataires d’une mission de service public, les organisations d’intérêt général et les entreprises dont le chiffre d’affaires en France est supérieur à 250 millions d’euros à respecter le RGAA, un référentiel technique permettant de rendre les services en ligne accessibles à tous, sous peine d’une sanction financière d’un montant de 20 000 euros par services en lignes.
Et le SEO dans tout ça ?
Si vous êtes familiers avec les algorithmes des moteurs de recherche, vous savez surement que ces derniers ont aussi des difficultés pour comprendre et interpréter ce qu’ils voient sur nos sites : ils ont besoin d’aide pour comprendre les images, les sons, et n’ont pas un budget et un temps disponible illimité pour comprendre la totalité de nos sites web. Dans cette optique, rendre votre site plus accessible pour les internautes, le rendra plus accessible pour les moteurs de recherche. Et ça, nous, ça nous fait plaisir !
10 conseils pratiques pour une meilleure accessibilité
Alors comment on fait ? Petit guide des bonnes pratiques :
1. Utilisez les attributs ARIA
Les attributs ARIA (Accessible Rich Internet Applications) sont des attributs HTML qui indiquent l’utilité ou l’état d’un élément du code aux technologies d’assistance. Par exemple : L’attribut aria-label permet d’ajouter un nom accessible qui ne sera visible que par les technologies d’assistance, sur un champ d’un formulaire ou un menu burger par exemple. Les attributs n’ont pas d’impact sur le SEO, mais sont indispensables pour l’accessibilité.
TIPS
Certains CMS comme WordPress proposent des plugins pour vous aider à paramétrer l’accessibilité de votre site.
2. Soignez vos title et meta description
Les balises title permettent aux internautes plusieurs choses :
- Différencier le contenu quand plusieurs pages sont ouvertes en même temps
- Dans la SERP, cela permet aux utilisateurs de mieux repérer le contenu qui les intéresse.
Comprendre rapidement si la page sur lequel il se trouve correspond à l’information qu’il recherche : c’est le premier élément qui va être lu par un lecteur d’écran.
3. Utilisez une bonne structure Hn
Les utilisateurs de lecteurs d’écran vont de titre en titre pour identifier rapidement le contenu de la page. Une organisation correcte des titres hn aide les personnes malvoyantes à comprendre la structure du texte et à se déplacer plus efficacement pour trouver les informations recherchées.
De plus, les personnes ayant des troubles cognitifs peuvent déterminer quelles sections lire et lesquelles ignorer grâce à une structure de titres bien définie.
4. Remplissez les balises ALT
Les balises ALT et sont également lues par les lecteurs d’écrans et aident à la compréhension de l’image. Attention, on distingue les images informatives et les images décoratives : ces dernières n’ont pas besoin d’alternatives textuelles pertinentes sous peine d’alourdir le contenu de la page (mais attention, si elles sont utiles en SEO, ne les oubliez pas !)
En cas de schéma ou de graphique, n’hésitez pas à inclure également des transcriptions textuelles de l’image.

5. Utilisez des ancres descriptives
Les ancres sont aussi lues par les lecteurs d’écran, qui naviguent d’éléments en éléments. Utiliser une ancre de qualité permet aux utilisateurs de savoir où chaque lien pointe. Évitez donc les “cliquez-ici” et autres ancres non descriptives.
6. Retranscrivez les vidéos
Les transcriptions rendent le contenu des vidéos accessibles aux personnes malentendantes ou sourdes. S’il est bien réalisé, le sous-titrage vous garantit 7% d’audience et 12% de temps de visionnage en plus.
7. Faites attentions à votre design
- Assurez un contraste élevé entre le texte et son arrière-plan pour faciliter la lecture à tous les utilisateurs
- N’utilisez pas les couleurs pour donner des informations (exemple le rouge pour indiquer un champ obligatoire dans un formulaire)
- Utilisez les polices lisibles, adaptées et alignez le texte à gauche. On ne le rappellera jamais assez, la justification est fortement déconseillée sur le web car elle rend les textes difficiles à lire pour les personnes dyslexiques.
- Réalisez des boutons plus gros, pour diminuer l’effort de précision, différenciez les liens du texte qui les entoure et ajoutez des liens d’évitement pour permettre aux utilisateurs d’accéder directement au contenu.
8. Évitez la déconcentration
Les utilisateurs ayant un trouble mental ou cognitif souffrent de problèmes de compréhension, concentration, réflexion, mémoire et perception.
- Évitez les éléments animés comme les pop-ups, les sons,…
- Montrez le chemin parcouru et laissez le temps à l’utilisateur de finir sa tâche
9. N’oubliez pas les seniors :
En général, un senior lit une page web comme il lit un livre, donc uniquement le contenu au-dessus de la ligne de flottaison : c’est donc là qu’on place le contenu important. Les usages universels du web ne le sont pas pour tout le monde : le clic sur le logo dans le header pour revenir à la home est peu utilisé par les seniors. Pensez également à la tablette, privilégiée par les seniors car la souris est difficile à utiliser et le texte des smartphones est trop petit.
10. Soignez la webperf
En général, un senior lit une page web comme il lit un livre, donc uniquement le contenu au-dessus de la ligne de flottaison : c’est donc là qu’on place le contenu important. Les usages universels du web ne le sont pas pour tout le monde : le clic sur le logo dans le header pour revenir à la home est peu utilisé par les seniors. Pensez également à la tablette, privilégiée par les seniors car la souris est difficile à utiliser et le texte des smartphones est trop petit.
Si vous avez bien été attentifs jusqu’ici, et que le SEO ne vous est pas étranger, vous avez sûrement fait des rapprochements avec les conseils que Google communique pour favoriser le référencement naturel de votre site : balises title, attributs alt, site qui charge rapidement, contenu au-dessus de la ligne de flottaison. Google ne s’en cache pas, il souhaite mettre en avant les sites qui répondent aux besoins des internautes. Nous avons donc tout intérêt à travailler sur ces deux domaines conjointement.
Comment savoir si mon site est accessible ?
Plusieurs outils sont disponibles pour auditer l’accessibilité de votre site :
- Lighthouse, l’outil de Google propose de vérifier plusieurs points d’accessibilité.
- Accessible.com propose des audit d’accessibilité gratuitement.
- Silktide est une extension qui permet de visualiser votre site comme si vous aviez un handicap.

Nous sommes aussi disponibles, dans le cadre de notre accompagnement SEO, pour vous donner des conseils pour améliorer l’accessibilité de votre site.
Et l’arrivée de l’IA, une révolution pour l’accessibilité ?
La récente arrivée de l’Intelligence Artificielle sur nos smartphones va pouvoir rendre le web plus accessible. Les avancées sont encore balbutiantes mais on peut voir quelques innovations arriver :
- La compréhension des images, rendant le partage des photos avec les personnes malvoyantes possibles.
- Les sous-titres automatiques pour pouvoir regarder toutes les vidéos, voir même pouvoir communiquer avec une personne en visio plus facilement.
- Les résumés automatiques, utiles pour les personnes ayant des difficultés à lire les longs textes
Vous l’aurez compris, rendre les sites web accessibles n’est pas seulement un enjeu de conformité ou de marketing, mais un impératif sociétal qui ouvre le monde du web à tous, renforçant ainsi l’inclusivité et l’engagement de tous les internautes. Il est essentiel que tous, développeurs, designers et propriétaires de sites s’engagent activement dans ces pratiques pour bâtir un avenir numérique accessible à tous.
1,2,3 D’après le rapport sur l’accessibilité digital de Content Square.
4 Chiffres sur la cécité de la Fédération Française des Aveugles de France
5 Selon une étude de l’INSEE datant de juin 2021
6 Rapport digital sur les tendances mondiales d’internet en 2024 par We are Social